COUPABLE!

NOUVEAU: Chez EDILIVRE COUPABLE!

 

Un triple crime odieux est commis dans une villa bourgeoise du centre d'Aix en Provence.

 

Tous les indices, toutes les preuves matérielles de culpabilité recueillis par la brigade criminelle conduisent à accuser un homme, Marcus WEINBERG.

 

Il n’en faut pas plus au juge d’instruction LABRUSHE, pour le mettre en examen et clore son instruction.

 

Moi, je suis Sébastien DELANO, l'avocat commis d'office qui vais le défendre contre vents et marées, surtout contre ce juge d'instruction obstiné.

 

Je dois trouver à Marcus, un système de défense afin de limiter la peine encourue, que ce soit des circonstances atténuantes, que ce soit de mettre en lumière les turpitudes des victimes, que ce soit de raconter une histoire de crime passionnel aux jurés.

 

Et peut être plus…

 

Avec moi, faîtes ce chemin de l'instruction vers la quête de la vérité!

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Extrait: chapitre IV

  • 4 : « Argent trop cher»

 A l’autre bout de la ville, Je sortis du palais de justice.

 

Je remontais à pied la rue MONTCLAR pour récupérer  ma voiture, place André ANTONINI et prendre ensuite la direction du bureau, terrasse St JOSEPH au dessus du centre hospitalier.

 

 La journée atroce que je venais de vivre était  de celle que l’on préfère oublier au plus vite et en ce moment ce type de journée avait tendance à se multiplier. Le matin, j’avais perdu le procès qui opposait mon client à une grosse entreprise de la région, a qui je reprochais des travaux de malfaçon. Les preuves étaient nombreuses, les témoins probants, le préjudice évident.

 

Mais l’avocat adverse avait préparé des manœuvres de procédures tellement alambiquées que je n’avais rien vu venir. Il m’aurait fallu des mois d’examen de tous les documents fournis par mon adversaire pour y déceler la manœuvre.

 

Le juge n’était pas dupe ! Et lui, il  avait vu la manœuvre, mais le point de droit soulevé était tout à fait recevable et le juge se devait d’y faire droit. Tant pis pour moi.

 

A 14h, le juge m’avait convoqué pour me passer un double savon. D’abord, à ses yeux j’aurais dû mieux préparer mon dossier et se douter que la partie adverse allait chercher à s’exonérer du fond du dossier sur lequel, elle avait tout à perdre, au profit du respect de la forme procédurale et c’est là que j’avais péché.

 

Ensuite, au moment de l’énoncé du verdict, je n’avais pu maîtriser mes nerfs et je m’étais emporté contre mon confrère, lançant qu’il est facile dans un gros cabinet où les assistants et les associés sont nombreux de faire de la procédure au détriment de la vérité.

 

Le juge avait été à deux doigts de me coller un outrage à magistrat et en attendant me fit une mémorable remontrance verbale.

 

Je rentrais au cabinet, fort marri et de mauvaise humeur.

 

A 29 ans, en province il n’est pas évident de lancer une carrière dans ce milieu juridique. Les avocats sont nombreux, les bons clients rares, ceux qui sont solvables presque une exception. En attendant la bonne affaire, celle qui vous amènera la notoriété et permettra de  gagner un peu de cet argent trop cher, il faut ramer sur des affaires scabreuses qui nécessitent pourtant un travail de fourmi, pour ne rapporter que quelques roupies de sansonnet.

 

Moi, Sébastien DELANO, fils d’un avocat criminaliste de renommée internationale, implanté à Paris et d’une mère Directrice juridique et social d’une grande multinationale, frère cadet d’un avocat d’affaire et fiscaliste qui commençait à se faire un nom dans le microcosme judiciaire de Paris, j’avais  commencé ma carrière comme juriste d’entreprise chez CITROEN à Aulnay.

 

Poste très formateur et garantie d’avenir, mais poste insuffisant pour ma famille pour laquelle seule la robe compte.

 

Les déjeuners du Dimanche, à l’heure du gigot et des flageolets entrainaient toujours les discussions sur de grandes affaires gagnées par le père ou le frère. Seule maman parlait peu de son travail alors que de tous, c’est elle qui avait les meilleurs revenus.

 

De guerre lasse, j’avais intégré un grand cabinet parisien, FROMENT, BRIONS et Associés mais je ne voyais pas le bout du tunnel qui me permettrait de devenir associé. « Celui qui veut déplacer la montagne commence par ôter les petites pierres» (1), mais la patience n’était pas mon fort en ce temps là.

 (1)Ndl’A : Confucius.

 

Fatigué des tâches subalternes et des petites affaires commerciales sans intérêt, je décidais de monter ma propre affaire en partant en Provence où mes parents possédaient une superbe villa de vacances.

 

Je la louais le temps de mon installation, mais six mois, pas plus. Mon père avait et a toujours des principes très stricts. Chacun chez soi !

 

Depuis, je végétais dans un petit cabinet de province avec un associé Charles, tout aussi pommé que moi et une demi secrétaire Fanny. Demi, car elle travaillait pour nous deux et à mi-temps car elle ne travaillait pas le mercredi pour s’occuper de son fils.  Et comme elle n’avait aucune culture juridique, on aurait même pu dire « quart de secrétaire ».

 

Mais Fanny était sympa, le type même de personnalité toujours affable et souriante. Le mot pour rire à la bouche, l’expression provençale avé l’accent qui va bien pour débrancher ces « parigots » toujours anxieux.

 

Ma mère me répétait souvent qu’il me faudrait attendre quelques années, le temps de prendre un peu d’embonpoint et quelques rides au coin des yeux pour que leur bleu acier fasse son effet. J’étais grand, un mètre quatre vingt sept, svelte, beau garçon brun aux yeux d’un bleu d’acier mais mon visage gracieux et poupon me desservait quand je devais prendre un air sérieux pour fustiger un client ou m’imposer face à mon adversaire.

 

Mais du temps, j’en manquais cruellement quand il fallait payer le loyer de mon modeste « deux pièces », les traites de la vieille VOLVO toute cabossée, ou le demi-loyer du cabinet.

 

Je venais de perdre un procès, mon client ne paierait même pas le décompte de mes heures et pourtant celles-ci avaient été forts nombreuses et m’avaient coûté nuits blanches et insomnies.

 

 

                                          ***                 

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